77BJV : Retour d’expérience

77BJV est un SD-1 TD motorisé Verner JCV 360, construit à Hodonin, équipé parachute, strobes, etc.. C’est le premier « prêt à voler » arrivé en France.

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77BJV au décollage

MichelS, son (heureux ?) propriétaire partage avec nous ses sensations, d’abord au sujet du train classique; laissons-lui la parole:

Je suis un pilote relativement expérimenté avec plus de 500 heures de vols sur plusieurs appareils avions et ULM.

Avant de voler sur le SD-1, j’ai volé en train tricycle sur Rally MS 880, Cessna 150, DR 400, ULM Guépy, ULM Skyranger Swift, ULM Ikarus.

Il y a quelques années, j’ai volé sur un petit monoplace ULM à train classique, le Minimax, qui atterrissait à 50 km/h, et avant de me lancer sur le SD-1, j’ai pris 3 heures de cours sur un avion Jodel 212 à train classique dont les paramètres de vol et d’atterrissage étaient assez proches de ceux du SD-1.

Malgré cela, aujourd’hui, l’atterrissage sur train classique reste pour moi délicat. C’est d’ailleurs ce qui ressort des forums Internet : le train classique demande plus de précision et d’attention dans les phases de décollage et d’atterrissage.

Je rebondis encore quelques fois (je pense que j’arrive encore un peu trop vite), et sur piste en dur, la fin du roulage est délicate à maîtriser. Comme je le disais sur le forum, il faut souffler la gouverne lorsque la roulette rejoint le sol. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire, car il ne faut pas non plus redécoller!

Pour ma part, je reste satisfait de mon choix, car ce nouvel appareil est l’occasion de me renouveler (je commençais à m’ennuyer sur Skyranger et Ikarus).

Cependant, je pense que pour quelqu’un qui a une expérience plus récente, le choix du train tricycle est plus raisonnable, même si l’appareil est moins joli et peut-être un peu moins rapide. Mais, vraiment je trouve que le moteur JCV 360 tire très bien la machine, et perdre éventuellement 5 km/h en vol ne serait pas un problème.

Voilà l’avis autorisé d’un pilote expérimenté; cela me permet de comprendre que pour moi qui ai beaucoup moins d’heures de vol que MichelS la prise en main n’ait pas été évidente.

Il est certain que les versions TG et surtout TGC sont plus abordables en roulage, décollage et atterrissage; d’ailleurs Igor Spacek met le doigt sur ce point dans la nouvelle présentation de ses modèles.

Ensuite MichelS nous parle de sa machine:

J’ai été livré de mon SD-1 à train classique fin mai 2013. Il a un moteur JCV 360 à carburateurs. Mon expérience est encore limitée à 20 heures de vol, mais je peux donner un avis sur cette première expérience.

La machine est livrée superbement finie.

J’ai fait 3 petites modifications :

– des bandes autocollantes en caoutchouc blanc autour de la verrière pour assurer l’étanchéité à la pluie (il s’agit de bandes blanches pour arrêter l’air en bas des portes ; on trouve ça dans tous les magasins de bricolage).
– une petite découpe dans le capot inférieur pour éviter d’être trop près d’un tube d’échappement,
– un petit déflecteur sur le volet droit pour maintenir l’avion à plat en croisière économique (sinon, il penche un peu à gauche).

Le moteur JCV donne de très bonnes réactions :

J’ai obtenu un taux de montée de 5 m/s en réglant le pas d’hélice à 16° (au lieu de 16,5° préconisé), j’obtiens des performances en vol un peu meilleures que ce qui est indiqué sur les tableaux de performance et le manuel de vol (la machine pèse 124 kg, avec une charge de 74 kg pour le pilote, 20 kg d’essence et quelques accessoires pour 2kg) :
– on décolle après 4 ou 5 secondes de roulage avec 1 cran de volet,
– croisière à 165 – 170 km/h environ à 5500 tours/minute en consommant 5 litres/heure.

A noter que grâce au faible poids de la machine (avec le parachute…) et au poids plume de MichelS, il décolle à 220 kg de masse, loin de la MTOW de 240kg; cela favorise les bonnes performances: « Light is right » (Colin Chapman).

Le moteur JCV 360 est très bien organisé, accessible, facile d’entretien. Je pense que 35 CV est une bonne puissance pour cet appareil. Avec plus de puissance, il faudra être délicat au sol et on risque d’être très vite à la VNE en vol.

Je ne relancerai pas ici le débat entre les 4 temps et les 2 temps ; chacun a ses convictions et ses goûts.

Attention à bien mettre la pompe en route pour la montée et la descente, sinon il y a des baisses de puissances… En croisière, ce n’est pas utile.

L’appareil est très agréable en vol : très bonne finesse, peu sensible aux turbulences pour un appareil aussi léger (sans doute parce qu’il a une faible surface alaire et une faible envergure).

Avec le train classique, pour être à l’aise au décollage et surtout à l’atterrissage, il faut être bien précis sur les paramètres et bien attentif avec les palonniers ; surtout ne pas toucher trop vite et, pour un atterrissage « de piste » (piste en dur ou vent fort), maintenir un peu de souffle sur la dérive lorsqu’elle descend au sol ; sinon, l’avion fait un écart pour se mettre face au vent.

Attention, pour les décollages courts, à ne pas modifier la position des volets en position de ligne de vol (position haute), car la trainée induit un léger changement d’assiette à piquer qui peut coûter une hélice ; donc, mettre les volets avant de rouler, bien entendu.

Le cockpit est très bien conçu : excellent accès aux commandes, bonne visibilité, bien installé (mieux que à 2 dans un biplace) ; en plus du coffre à bagages, on peut avoir un petit bagage ou un bidon de réserve entre les jambes. Pas besoin de chauffage, mais prévoir une écharpe car la ventilation est un peu trop directe. Pas de buée sur la verrière.

Voilà ce que je peux dire de ma première expérience. J’en tire beaucoup de plaisir et beaucoup de succès car l’appareil est vraiment très beau et bien conçu… mais je n’y suis pour rien car je l’ai commandé prêt à voler à Igor Spacek.

MichelS

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Je crois bien que MichelS est un propriétaire heureux!

Merci à lui pour ces impressions tellement utiles pour ceux qui ont envie de savoir.

 

6 réflexions au sujet de « 77BJV : Retour d’expérience »

  1. Félicitation en vous souhaitant de longues et heureux moments a taquiner les filets d’air. En ce qui concerne le train classique son charme c’est qu’il nous fait danser de temps en temps sur piste dure en vent de travers et nous cageole en douceur sur l’herbe par vent calme. Le tout c’est de savoir arriver a la bonne vitesse et ensuite valser délicatement sur les palonniers .
    Bon vol à tous amicalement
    Elie

  2. Effectivement le train classique est plus esthétique mais mon expérience, tout au plus une trentaine d’heures de train classique, m’a fait choisir le train tricycle, sur lesquels j’ai le plus d’heures.
    Pour les performances, je devrais être fixé dans quelque temps.

    Bon vols

  3. Bonsoir Elie.
    Si vous me dites qu’il n’y a pas de cailloux sur la piste ULM, dès que le temps s’y prête. Promis et je vous préviens. Amicalement

    • Bonsoir Michel
      Effectivement il y a souvant de cailloux sur cette piste, si tu as une radio tu peux te poser sur la centrale dur, voir la piste 09L 27R herbe si ouverte
      Att il y a désormais une nouvelle carte vac en raison des derniers changements suite à l’installation du treuil pour les planeurs, plus obligation radio pour les ULM. Personnellement j’ai vendu ma machine et en attendant je vole sur avion.
      A bientôt
      Elie

  4. LFPK / Coulommiers / En complément du message d’Elie (qui comme il l’a indiqué ne fréquente plus beaucoup la piste ULM) : depuis peu il y a aussi un grillage qui barre la piste à 150 mètres de l’extrémité ouest de la piste ulm ! Comme un grillage ne se voit pas bien il faut mieux le savoir pour gérer une panne éventuelle au décollage en 27 : ne pas croire que l’on peut se poser sur le bout de l’ancienne piste qui semble te tendre les bras dans le prolongement.

    Mais tout cela ne doit pas t’empêcher de venir à LFPK dont la piste ULM est vraiment très confortable.

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